Ce soir je suis seule, la solitude me fait penser jusqu'à m'en rendre folle. A vrai dire, je pense être folle de solitude. Dans ces moments remplis d'ennuie je me plait à penser à ce que j'aurai pû être si mes choix avaient été différents. Aurai - je été meilleure ou plus vil? Serai - je plus heureuse? Serai - je en ce moment même baignée dans le malheur? Es - ce - que j'aurai eu les mêmes amis? La vie aurait - elle eu le même parfum austére de peur et de mélancolie? Tant de questions qui s'entrechoquent, qui vacillent, qui s'entremêlent, qui cherchent des réponses et qui ne trouvent qu'un trou béant de non - vécu. Aujourd'hui je vois mes fautes mais je ne peux les réparer, pure torture. Je vois tout ce qui se passe autour de moi, je vois mon monde utopique s'écrouler, je vais sans doutes voir mes amis partir, je vois mes perspectives d'avenir se casser magistralment la gueule, je vois tellement bien que mon futur est aussi flou que la vue d'un myope sans lunettes, je vois tout ça, et je ne peux rien y faire... Alors tu vois je reste là, à espérer un lendemain meilleur, à essayer de vivre sans avoir peur du monde exterieur. C'est alors que je tombe sur le Journal de 20H, la quotidienne, et sur les détails glauques d'un mec qui s'est prit 30 coups de couteau ou bien d'un gamin disparu livré aux griffes d'individus pervertis qui possédent un cerveau où vivent des pensées que même les plus grands psychiatres n'arrivent pas à analyser. Après ça quelle est la perspective d'avenir que tu en retires? A vrai dire j'ai ma théorie. La perspective est fausse. On commence par un grand espace, une large envie de vivre, un entousiasme fou pour l'envie d'apprendre. Ensuite les traits symbolisant notre chemin à parcourir se rapprochent, encore et encore, on aperçoit le point culminant, pendant ce temps le chemin a été long, la fatigue se fait sentir, le point est là. Il s'appelle le point de fuite. L'ironie est subtile, car la fuite n'existe pas. Alors on tombe dans ce point, ce cercle remplit de vide et d'incertitude. Voilà comment je me suis perdue ce soir, la perspective n'était sans doutes pas bonne.
Cynthia.L
En continuité de cet essai philosophique bidon
je m'en vais définitivement me perdre dans la fumée
en forme de brouillard de ma cigarette. Voilà.